Retour de Félix Lajkó apres son triomphe la saison derniere aux Abbeses
utilisé des la fin du XVI siécle dans les orchestres des nobles de Transylvanie, devenu l'instrument-roi ŕ la fin du XVIII sičcle, portré par des virtuoses comme le légendaire Janos Bihari, le violon est en Hongrie synonyme de sentiment national. Facon de dire que faire partie du gotha des violonistes en Hongrei, ce que est le cas pour cet extraordinaire trentenaire d'un savoir-faire. Cela dit, il y a une énigme Félix lajkó (Prononcer Ť laiko ť) que résume un de ses amis qui l'a connu jeune : Ť Par quel phénomčne quelqu'un comme lui est passé de rien ŕ autant de classe et comment on peut jouer comme ca ? ť. Car si archétype du musicien autodidacte il y a, Félix Lajkó l'incarne. Chere-t-on dans son enfance, on n'y trouve Qu'un bourg de Voivodine, terre hongroise dvenue serbe, ayant pour seule particularité d'avoir servi de cadre ŕ la derniére bataille de libération de Hongoris en 1848, ou de voir passer un bout de l'orient-Expressz. A Backba Topola, chőmage oblige, Félix Lajkó avec ses camarades y a cultivé l'ennui et la boisson, entre parties de fléchettes et de billard. La musique cependant lui sert d'évasion. Il se distingue cithariste accompagnant un choeur de femmes, baptisé Ť Le Coucher de soleil ť, s'afichant iconoclaste au sein du Ť Hurszaggtoka ť (traduction : Ť les étripeurs de cordes ť), groupe phare de la jeunesse locale. Naturellement, ce rebelle affiche de sériuses préventions envers toute institution, en particulier le systčme scolaire qui le lui rend bien. Tant que remercié d'un peu partout, on l'envoie ŕ Budapest oú on le présente ŕ un professeur de l'Académie de musique afin qu'il apprenne le violon. Le projet sera mort-né.
Musicien d'instinct, il découvre des groupes novateurs et brillants
Par contre, musicien d'instinct, il découvre des groupes novateurs et brillants. Et on le voit s'limliquer dans ce qu'il y a de plus imaginatif dans le capitale. Ce sera le Ť Dresch Quartet ť avec lequel il gravera son premier disque en 1993 pour la radio hongroise, Ce sera la singuličre formation de Ť Ritual Nova ť. Ce sera Attila Lörinszki, flamboyant virtuose de la contrebasse, qui lui apporte beaucoup. Ce sera surtout l'ensemble Ť Makuz ť que dirige Szabados György, personnage dont on peut penser qu'il a contribuč ŕ l'affirmation stylistique du violinste. Médecin et pianiste, oppositionnel politique, dés le annés soixante ce dernier ne s'est-il pas employé ŕ former des musiciens ŕ l'improvisation et ŕ la prise de parole, ligne esthétique qui contribuera ŕ l'émergence - de nombeóre de talents hongrois reconnus actuels ? Aprčs ces expériences, dans un pays trčs ŕ l'écoute de ce qui se fait ŕ ses frontičres, Félix Lajkó ressen le besoin de s'émnciper. Et on le voit enrichir les couleurs de la tradition chčre ŕ Béla Bartók, d'influences jazz, rock ou pop.
Ce souci d'ouverture et d'échange
Son pedigree tout comme sa discigraphie expriment ce souci d'ouverture et d'échange. S'il participe ŕ la musique de plusieurs films (d'András Szőke ŕ Sándor Sára), il se produit aussi bien avec Min Tanaka que Ť Noir Desir ť, les musiciens du cinéaste Emir Kusturica que ceux d'Alexander Balanescu ou encore le chorégraphe Josef Nadj. Un éclectisme de bon aloi et un univers singulier qui lui valent l'adulation du public hongrois puis européen.
Sa seule vérité est dans sa musique
De fait, salué par la critique pour sa fascinante technique de l'archet, sa perception du son, la qaulité de son jeu, le physique Félix Lajkó ravit aussi par une inspiration que l'on peut dire d'essence animaste, son expression, sa qute musicale, pouvant chasser aux marges de la transe. Personnalité entiré, introvertie, Félix Lajkó étonne aussi par son refus des simulacres et des mondanités. Allant parfois jusqu'ŕ dérouter, lorsqu'ŕ la maničre d'un Miles Davis, dans un grand concert de Budapest, il joue dos tourné au public ou assume de facon quasi mutique une interview ŕ la television. Des facons de s 'effacer qui suggérente que sa seule vérité est dans sa musique. Une musique éminemment lyrique, faite de contrastes et de fulgurances, éclaboussée de qeyers de notes, avec le classique et le contemporain, rappelant ici tout ce que son instrument doit ŕ la culture tsiganes et klezmer, la poussant jusqu'aux confins du jazz ou du blues transylvanien. Comme l'aveu d'un homme ŕ l'étroit dans son corps d'homme qui nous dit : Ť Je ne suis pas ou vous croyezme voir. ť